Depuis le 30 octobre dernier, je n'ai plus de téléphone (portable comme on dit
en France, cellulaire comme on dit au Québec). Et bien que ceci me cause des
désagréments, j'y trouve aussi une certaine sérénité :-)
Mon téléphone actuel, un vieux Nokia 3100 (datant de 2004) vient de s'arrêter.
Verdict de l'expert : non économiquement réparable. Je me suis donc mis en
recherche d'un remplaçant. De l'iPhone aux différents Androids, en passant par
les traditionnels -- je veux dire les téléphones qui ne font que... téléphone
et SMS -- il y a du choix ! J'ai sélectionné le Nokia 1616, un basique, en
attendant de voir les offres de l'opérateur français Free, prévues pour le
début de l'année 2012. Je passerai peut-être alors sur un smartphone...
Mais le plus intéressant, ce n'est pas tant le choix du téléphone que comment
je m'en sors sans cette "tétine technologique".
Les inconvénients de cette absence de téléphone sont réels. Je prends quelques
exemples des derniers jours. Je pilote tous les jours ma moto pour aller
travailler à Paris : 70 km aller-retour. Que j'aie besoin de m'arrêter pour
faire le plein, qu'il y ait un blocage de la circulation ou que je dévie de ma
route pour aller acheter du lait, le téléphone me permet d'aviser ma famille de
mon retard... et d'éviter que les miens se fassent du souci. De même, je me
suis présenté à un rendez-vous chez le dentiste la semaine dernière, alors
qu'il m'avait laissé un message vocale sur mon téléphone pour m'aviser du
report de ce rendez-vous. Ou encore, la professeure de théâtre m'avait avisé,
par SMS, de l'annulation du cours prévu pour l'une de mes filles... annulation
que je n'ai pas reçu. Bref, des inconvénients, mais pas tous de même nature ;
les plus importants étant ceux liés à ma mobilité et à l'organisation
familiale.
Cependant j'y ai trouvé aussi des avantages. J'ai redécouvert le plaisir de me
concentrer plus facilement sur un sujet : il n'y a pas de sonnerie qui me me
dérange. Certes, j'ai un téléphone pour être joignable, et je peux l'éteindre
pour éviter d'être sollicité. Mais je suis comme plusieurs d'entre vous : je ne
souhaite pas l'éteindre, car je veux être joignable...
Que retenir de tout ceci ?
D'abord que le téléphone portable est un outil qui facilite ma liberté. Je
peux me déplacer sans être retenu à mon bureau ou à la maison, de crainte de
manquer un appel. C'est aussi un outil de sécurité, en particulier dans mes
déplacements à moto. Cependant, il est facile de l'utiliser pour des choses qui
ne sont pas absolument nécessaires... Comment faisions-nous il y a 20 ans,
lorsque les téléphones cellulaires n'étaient pas aussi répandus ? Comme
n'importe quel autre outil technique, il y a un apprentissage à faire pour ne
pas "succomber" à la voie de la facilité... et de la perte de temps :-)